Connexion

Madagascar, l’Ile Héritage

IndriIndriTranspMadagascar s'est séparée du vaste continent Gondwana il y a près de 165 millions d’années, en même temps que l’actuelle péninsule indienne. Depuis cette séparation, la faune et la flore archaïques de la Grande Ile y ont poursuivi une course particulière en vase clos, tandis que d’autres espèces sont arrivées par la voie des airs ou de la mer, colonisant les niches écologiques laissées libres.

Forte de cette évolution originale, Madagascar est mondialement réputée pour la richesse de sa biodiversité qui lui a valu la réputation de paradis des naturalistes. Elle partage avec les autres îles du Sud est de l’Océan Indien le statut de « hot-spot » de la biodiversité mondiale.

Sa mégadiversité est impressionnante : la faune et la flore malgaches possèdent un taux d’endémicité très élevé. Environ 80 % des espèces animales et 90% de la végétation n’existent que sur l’île, ce qui fait de la Grande île l’une des plus importantes régions en termes d’habitats rares et d’espèces phares.

 

Une diversité en péril...

Lavaka

Malheureusement, cette mégadiversité est menacée de disparition, à très court terme.
La déforestation à Madagascar est actuellement l'une des plus alarmantes du monde tropical. 
En l’espace de quelques décennies, l’ile Verte est devenue l’Ile Rouge. Seulement 16% du territoire malgache est encore recouvert par la forêt. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers hectares de forêt disparaissent, ne laissant que des sols nus et fragiles.

Les pressions exercées par l’homme sont de plus en plus sérieuses : exploitations sauvages, feux de brousse, braconnages mettent à mal cet héritage naturel. Ce phénomène est aggravé par des pressions sociales et économiques comme une démographie galopante, une pauvreté qui prend du terrain, et l’attrait d’une société de consommation qui déséquilibre les modes de vie ruraux et les valeurs traditionnelles.

Le phénomène affecte tout à la fois milieux lacustres, côtiers et marins - déjà soumis à des fortes pressions de transformations à des fins agricoles et à une exploitation excessive ainsi qu’aux effets du dérèglement climatique.

Bien que le coût écologique de ces dégradations soit difficilement évaluable, les estimations se chiffrent en centaines de millions d’euros. L’érosion de la biodiversité s’avère très élevée puisque les forêts malgaches abritent la quasi totalité des espèces endémiques de l'île.

La croissance démographique constitue un facteur d’aggravation sérieux de la situation. En effet, le niveau de pauvreté de la population contraint les habitants à avoir recours aux ressources naturelles de façon destructrice en privilégiant le court terme au détriment d’une utilisation rationnelle qui revêt un caractère durable.